Effondrement global – Les Primary Dealer

Les conséquences d’un défaut de paiement de l’Espagne sont bien souvent sous-estimées. Même si le pays ne représente pas des sommes énormes sur les marchés internationaux, vous allez voir que les flux financiers sont tellement interconnectés qu’un défaut de paiement de l’Espagne peut provoquer l’effondrement de toute l’économie mondiale.

Pour comprendre qu’elles peuvent être les conséquences d’un défaut de paiement espagnol, il faut commencer par comprendre comment fonctionne le système financier international. Nous allons donc nous baser sur le système financier américain, pour nous intéresser aux « Primary Dealer », qui sont les vrais contrôleurs de la masse monétaire, grâce aux prêts bancaires. Ces « Primary Dealer » forment un ensemble de 18 banques, qui sont au sommet de l’économie américaine. Ils sont chargés de vendre les bons du Trésor et bénéficient d’un accès privilégié à la dette américaine, en terme de prix, mais aussi en terme de contrôle monétaire.

Les Primary Dealer

BBank of America DDaiwa Securities America Inc MMorgan Stanley & Co. Incorporated
BBarclays Capital Inc DDeutsche Bank Securities Inc NNomura Securities International Inc
BBNP Paribas Securities Corp GGoldman, Sachs & Co. RRBC Marchés des Capitaux
CCantor Fitzgerald & Co. HHSBC Securities (USA) Inc SSecurities Inc RBS
CCitigroup Global Markets Inc JJ. P. Morgan Securities Inc UUBS Securities LLC.
CCredit Suisse Securities (USA) LLC JJefferies & Company Inc MMizuho Securities USA Inc

 

Ce sont les « Primary Dealer » qui achètent les bons du Trésor américain lors des adjudications de la dette, et qui l’ajoutent ensuite à leur bilan en tant qu’actif. Ces actifs peuvent être utilisés pour prêter de l’argent et même émettre plus de dettes sous la forme d’hypothèques, ou d’obligations de sociétés. Donc en fait, les bons du Trésor ou les obligations ne sont pas de simples actifs sur un bilan, ils sont bien des actifs financiers contre lesquels les banques prêtent de l’argent et étendent la dette dans le système monétaire. D’ailleurs, le même système existe en Europe, à la différence qu’il n’y a pas de système unifié, les 17 pays émettent des obligations souveraines, que les plus grandes banques vont racheter afin de les inclure dans leur bilan contre lesquels ils vont prêter de l’argent.

Les conséquences pour l’Espagne

Maintenant si l’on revient à l’Espagne, d’après les données recueillies auprès de la Banque des règlements internationaux, du FMI, et de la division population des Nations Unies, les banques anglaises détiennent 74 milliards d’euros, les banques françaises 112 milliards d’euros, et les banques allemandes 131 milliards d’euros de dette espagnols. Les banques de ces trois pays détiennent donc 317 milliards de dettes espagnoles, qui a été intégré dans leur bilan et qui a ensuite permis de prêter de l’argent aux entreprises et aux promoteurs immobiliers avec un rapport de 10 pour 1. Ce ratio de 10 pour 1 correspond aux obligations fixées par les accords de Bâle III, qui oblige les banques à posséder 10 % des capitaux prêtés en fond propre, n’est pas encore rentré en application. Jusqu’à présent, les banques appliquaient encore les accords de Bâle II qui obligent les banques à posséder seulement 6 % des sommes prêtées en fonds propres.

Mais il faut surtout savoir que ces ratios s’appliquent sur des actifs pondérés, ce qui signifie que ce sont aux banques d’évaluer d’après leurs propres modèles, le risque de défaut que représente chaque actif. Donc, alors que les dirigeants et les différents employés d’une banque sont généralement payés en fonction du bénéfice qu’ils arrivent à dégager, on leur demande d’évaluer eux même le risque qu’ils prennent sur chaque opération. Ce système revient un peu à laisser un alcoolique décider de la quantité d’alcool dont il pense avoir besoin. On ne doit donc pas s’étonner d’apprendre par la suite que les banques européennes sous-estiment les risques qu’elles prennent afin de prêter toujours plus d’argent. C’est donc bien tout le système bancaire européen qu’il faudrait revoir, car les banques ne devraient pas être leurs propres régulateurs pour décider du risque qu’elles prennent. D’autant plus que le système considère que les obligations d’états sont des produits sans risque, et qu’on les utilise pour équilibrer les prêts plus risqués.

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