Métamorphose d’un diamant brut

Le long de la rivière, le prospecteur s’arrête net: il immobilise son regard sur le sol, se penche lentement et saisit du bout des doigts un petit caillou arrondi vaguement translucide, il le lève vers la lumière et y porte un regard inquisiteur.

En est-ce bien un, ou est-ce encore un morceau de fond de bouteille usé par l’eau du courant ? Il semble bien lourd pour du verre, ce qui est un très bon signe.

Pour en avoir le cœur net, il le dépose au creux de sa main, qu’il referme sur lui. Il fait un peu frais ce matin-là, et le petit caillou ne lui procure pas la moindre sensation de froid et a pris très rapidement la température de sa paume.

L’homme reprend enfin sa respiration qu’il avait retenue, esquisse un large sourire et presse le pas vers sa voiture. C’est bien un diamant qu’il vient de trouver.

Le lendemain, la pierre se trouve sous le microscope d’un tailleur de pierre, puis elle émet une lueur bleue sous une lampe à ultra-violets, et notre prospecteur repart avec une belle liasse de billets de banque.

L’aventure de ce diamant va donc se poursuivre. Elle a commencé il y a bien longtemps dans une coulée de lave volcanique, à partir d’un morceau de charbon emprisonné sous une pression titanesque qui l’a comprimé au point de modifier sa structure interne et de lui faire adopter une cristallisation nouvelle qui le rend transparent.

diamant-brut2Le tailleur l’étudie longuement à la recherche de son plan de clivage, prend toutes ses mesures, il cherche à localiser les inévitables inclusions du diamant et se rassure: il va pouvoir le tailler en une seule pierre, sans être contraint de le couper en plusieurs plus petites.

Commence alors le minutieux travail de taille des dizaines de facettes qui vont faire de ce caillou terne un bijou scintillant de mille feux. Seule la poudre de diamant est capable de l’user, car il est le plus dur de tous.

Sa carrière commerciale peut ensuite prendre son essor, dans la sacoche d’un diamantaire volant vers Anvers, où un bijoutier parisien vient l’acheter pour le sertir sur un superbe pendentif enfilé sur un collier en or massif, trônant au centre d’une couronne de petites émeraudes.

C’est dans la vitrine de ce joailler qu’il va faire rêver des dizaines de femmes, attirées par son chatoiement mais retenues par la petite étiquette rappelant son prix, jusqu’à ce que l’une d’elles, compagne d’un homme au compte en banque suffisamment garni se le voie offrir.

Il va alors connaître, bien à l’abri dans un écrin ouaté et satiné, de longues périodes d’obscurité entrecoupées de sorties nocturnes au cou de sa propriétaire ponctuées de commentaires admiratifs.

Ce diamant qui aime tant jouer avec la lumière finira sans doute ses jours dans le coffre-fort d’une banque, réduit à l’état de simple placement.

Jusqu’à ce qu’un cambriolage lui rende provisoirement une seconde vie. Il n’a pas eu la chance d’être assez gros pour trôner au sein des bijoux d’une couronne exposée dans un musée à l’admiration de tous.

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