L’inflation

Le terme inflation est généralement utilisé pour désigner l’augmentation continue des prix des biens de consommation. Qui, pour la plupart des économistes, s’explique par une augmentation trop importante de la masse monétaire. Ce terme peut donc indirectement désigner une mise en circulation excessive de monnaie-papier.

Mais, dans la pratique, cette notion est en fait assez difficile à calculer, car nos sociétés modernes produisent un grand nombre de biens et de services qui ont des évolutions de prix très disparates. Donc, pour calculer l’inflation, on se sert de l’indice des prix à la consommation. Le problème est que le résultat dépend du contenu du  fameux  » panier moyen ». Or, ce choix est purement politique. En effet, l’indice des prix à la consommation sert aussi de base à la réévaluation de beaucoup de prestations sociales. Cet indice doit donc être en quelque sorte maîtrisé. Le meilleur exemple en est peut-être le tabac, qui est sorti, il y a quelques années, du « panier moyen », afin d’éviter que les augmentations successives des taxes ne fassent grimper l’indice et donc l’inflation. C’est la raison pour laquelle de sérieux doutes existent sur la validité de cet indice; ainsi l’INSEE propose même sur son site depuis 2006 de créer son propre indice.

Les premières grandes inflations de l’histoire apparaissent au 16e siècle avec la hausse du prix du blé à travers toute l’Europe, ce qui aura des conséquences pendant plus d’un siècle. Ensuite, on trouve la fin de la période révolutionnaire française qui sera marquée par l’inflation jusqu’à l’Empire. Le 19e siècle est, quant à lui, marqué par une longue période de stabilité des prix, grâce à l’étalon d’or. Et c’est à la fin du 19e siècle que la hausse des prix repart de plus belle. Une hausse d’ailleurs de plus en plus importante jusqu’à la Première Guerre Mondiale.

Et c’est au lendemain de la Première Guerre Mondiale que l’inflation sera la pire en Europe. On parlera même d’hyperinflation en Allemagne. Par contre, après le krach de 1929, le monde se retrouve dans l’extrême inverse. Il est exposé à de sévères déflations, le chômage de masse touche pratiquement tous les pays développés. Et c’est après la Seconde Guerre Mondiale que l’inflation réapparaît; elle est même continue, et les prix ne cesseront plus d’augmenter.  Dans les années ’70 et ’80, l’inflation explose littéralement, le monde subit de plein fouet la suspension de la convertibilité du dollar en or en 1971, et deux chocs pétroliers, en ’74 et ’79. Beaucoup de pays européens connaissent alors une inflation à deux chiffres. Il faudra que des mesures sévères soient prises à travers l’Europe et aux États-Unis pour juguler la hausse des prix. En France, on bloque les salaires et l’on cesse même de les indexer sur les prix à la consommation.

inflation

Mais c’est grâce à la mise en place de l’Europe et des accords de Maastricht qu’on réussit à définitivement contrôler l’inflation en Europe. Aujourd’hui, on dépasse rarement les 2 % d’inflation, même avec de grands bouleversements économiques aux portes de nos frontières.

Plusieurs théories s’affrontent sur les causes de l’inflation et les moyens de la juguler. Mais on peut trouver un consensus autour de trois grandes catégories de causes.
Une seconde catégorie qui regroupe les situations de surchauffe de l’économie. Quand la demande devient supérieure à l’offre, cette situation fait mécaniquement grimper les prix, et produit donc de l’inflation, d’une manière générale.La première regroupe les chocs inflationnistes, comme une hausse du prix des matières premières, et plus particulièrement celles qui sont importées. On pourra aussi ajouter la hausse subite des coûts salariaux, par exemple en France en 1968, suite aux accords de Grenelle (augmentation de 35 % du salaire minimum et de 10 % en moyenne des salaires réels).

Et la troisième catégorie, qui regroupe l’augmentation subite des richesses disponibles. Cette cause est même très tôt identifiée, notamment à la période de la découverte des Amériques, quand les marchés des métaux précieux sont littéralement inondés par l’or et l’argent du Nouveau Monde. Mais c’est encore plus vrai avec l’invention du papier monnaie et les émissions de masse, par exemple en France pendant la Révolution, avec la création des assignats.

C’est d’ailleurs cette cause majeure qui servira de fondement aux gouvernements modernes pour limiter l’inflation. Ils décident donc d’un strict contrôle de la mise en circulation de nouvelles monnaies. C’est pour cette raison que nos banques centrales sont normalement indépendantes. Et c’est d’autant plus vrai en Europe, grâce à la monnaie unique et à la création de la Banque Centrale Européenne.

Mais l’inflation n’est pas toujours si néfaste; ainsi, en restant modérée, elle sert de « lubrifiant » à l’économie, qui a sans cesse besoin d’ajustement au rythme de la croissance et des progrès techniques. À un niveau modéré, elle engendre même des redistributions de richesse, par exemple entre les titulaires de revenus nominaux fixes et ceux qui peuvent la récupérer dans leurs coûts. Cependant, toutes les mesures qui sont prises pour contrôler et réguler l’inflation ont un coût et l’on peut légitimement s’interroger sur la réelle possibilité de la maintenir durablement à un niveau modéré. D’autant plus avec des gouvernements qui sont lourdement endettés et pour qui l’élévation des taux d’intérêt, qui sert à juguler l’inflation a des conséquences de plus en plus difficiles. La tentation d’utiliser la planche à billets est donc de plus en plus importante, et cette situation risque bien d’ouvrir la porte à l’hyperinflation.

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