Les vérités sur la crise
Beaucoup de choses ont été dites sur la crise, et surtout beaucoup de notions ont été mélangées. Il peut donc être intéressant de faire un petit point afin d’essayer d’expliquer les choses plus simplement.
Tout d’abord, sur le défaut de paiement, la notion a été plusieurs fois abordée et présentée comme la fin du système : « Il ne faut surtout pas que la Grèce se retrouve en défaut de paiement ». Tout d’abord, sachez que, depuis 1975, 70 États ont fait un défaut de paiement, ce qui nous donne une moyenne de deux par an. Et la France n’est pas épargnée par le système,
puisque son dernier défaut de paiement date de 1975. Donc, contrairement à ce que les politiques n’ont cessé de répéter, ce n’est pas extraordinaire qu’un État se retrouve dans l’incapacité de payer ses dettes.
Maintenant, si l’on prend plus particulièrement le problème de la Grèce, même si l’on a tout fait pour éviter de parler de défaut de paiement, c’est bien ce que l’accord signé avec les banques prévoit. Les banquiers ont en fait accepté de perdre 50% de leur créance, mais nous parlons bien uniquement des banques. Ainsi, les fonds prêtés par la BCE ou par des particuliers sous la forme d’obligations, ne sont pas concernés par cette réduction. Donc si l’on fait le total, ce n’est pas 50% des dettes grecques que l’on a annulées, mais seulement 28% du total.
Contrairement à ce que vous avez aussi pu entendre, un défaut de paiement de la dette ne met pas en danger l’euro. La monnaie commune ne risque pas de disparaître suite au problème de dette d’un de ses membres, surtout que la Grèce reste un petit pays de l’Europe. Au pire des cas, si des économies plus importantes devaient être touchées, l’euro pourrait fluctuer légèrement à la baisse. D’ailleurs Robert Mundell, l’économiste considéré comme le père de l’euro et grand spécialiste des unions monétaires, nous avait prévenus dès 2010. Il déclarait qu’il faudrait sûrement restructurer la dette de certains États membres, mais que ça ne remettrait pas du tout en cause l’union monétaire.
Nous pouvons parler aussi du fameux FESF, dont le parlement allemand vient d’accepter l’accord, qui devrait permettre l’augmentation de ses capitaux. En pratique, le parlement allemand a surtout accepté de ne mettre aucun euro supplémentaire dans ce fonds. Pour augmenter ses capacités à 1000 milliards d’euros, c’est bien un tour de passe-passe financier qui est encore une fois utilisé. Le fonds de solidarité va en fait pouvoir utiliser un effet de levier pour garantir plus d’argent avec toujours la même somme en capital. Donc, si on reprend un peu les choses, des pays surendettés ont créé un fonds qui doit leur permettre d’emprunter à des taux plus avantageux sur les marchés, et maintenant ce même fonds a la capacité d’emprunter 100 fois plus d’argent que les capitaux dont il dispose en garantie. Tout en sachant qu’au fur et à mesure que la crise se propage, de plus en plus de pays passent de pays garants à celui de pays bénéficiaires. Il ne faut donc pas réfléchir très longtemps pour se rendre compte que le système n’est absolument pas viable.
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Je crois aussi que le
défaut de paiement de la dette n’est pas extraordinaire ! Mais cette crise marque de façon plus globale le début de la crise de la dette dans tout la zone euro, et c’est là ou ça va devenir EXTRAORDINAIRE !!