L’inflation au Zimbabwe dans les années 2007-2008

Le 18 avril 1980, le Zimbabwe accède à l’indépendance. Le dollar Rhodésien devient alors dollar Zimbabwe, qui se porte fort bien, à parité égale au dollar US, et l’économie connaît une excellente période de croissance.

Cependant, la paix de ce pays est bien vite mise à mal par des guerres civiles et les exactions d’origine ethnique, puis la corruption s’installe peu à peu et commence à gangrener la vie politique, à tel point que des sanctions économiques sont prises contre 200 membres dirigeants proches du président Mugabe.

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Dans cette atmosphère délétère, une série de réformes sonne le glas de la croissance économique qui commençait à décliner sérieusement: les fameuses « land reforms », dont l’objectif est de donner aux indigènes les terres jusqu’alors gérées par des fermiers blancs. La sanction est immédiate: le morcellement des terres et le manque d’expérience des nouveaux cultivateurs dans la gestion de vastes propriétés fait chuter les récoltes de 25% l’année suivante, et pas uniquement dans le domaine agricole.

Il en va de même des exploitations minières, dont la production régresse aussi de manière drastique. Les conséquences sur l’emploi sont rapidement catastrophiques.
Le gouvernement s’entête alors dans une politique de l’autruche que beaucoup d’observateurs citent en exemple de ce qu’il ne faut pas faire. Prétextant que tous les problèmes du Zimbabwe proviennent des sanctions économiques (qui ne visaient pourtant que les avoirs personnels de quelques personnes), et constatant que les impôts ne rentrent plus en quantité suffisante, il se met à actionner la planche à billets. L’inflation au Zimbabwe entame alors en 2007 une spectaculaire course vers les sommets hyperinflationnistes. De 14% en janvier 2007, elle croît progressivement jusqu’à la fin de l’année (62% en décembre 2007).

L’indice des prix est alors de plus de 2000, ce qui signifie qu’un bien vaut 2000 fois plus cher en décembre qu’en janvier. Au cours de l’année 2008, L’inflation au Zimbabwe s’emballe encore: 500% en mai, 5000% en juin, 12.000 % en septembre. En octobre, c’est l’envolée: 46.000% le 10, 500.000 % le 17, 15 millions de % le 24, 690 millions de % le 31. Le mois de novembre apporte la touche finale avec des chiffres de 15 milliards de % le 7 et de 80 milliards de % le 14. Devant cette chute vertigineuse de la valeur de la monnaie, la banque centrale du pays en arrive à imprimer des billets d’une valeur nominale de cent mille milliards de zims possédant une date de péremption !
Bien entendu, l’inflation au Zimbabwe se traduit rapidement par un refus de la population de cette monnaie dont la valeur ne signifie plus rien. Le troc reprend du service et, surtout, l’utilisation de monnaies stables, comme le dollar US. Le gouvernement s’entête alors dans une volonté de forcer les acteurs économiques à continuer d’employer le dollar Zimbabwe: les comptes courants et les échanges commerciaux doivent rester libellés dans cette monnaie, les banques ont l’obligation d’acheter des bons du Trésor aux rendements rendus négatifs par l’inflation galopante, ce qui conduit rapidement à la cessation pure et simple d’activité de beaucoup d’entre elles, ou par la généralisation de tricheries pour tenter d’échapper aux contrôles de plus en plus tatillons qui leur sont imposés.

Le discours du gouvernement est que les problèmes proviennent des tricheurs, et il s’évertue donc à les traquer. La seule tentative faite pour enrayer l’hyperinflation est une série de dévaluations du Zim n’ayant même pas apporté de répit.
Le 12 avril 2009, le gouvernement se résigne enfin à accepter les transactions en monnaies étrangères, et l’hyperinflation se dégonfle instantanément. Elle aura eu un impact sur les prix de quelque 10 puissance 25, soit dix mille milliards de milliards.
En 2011, l’inflation au Zimbabwe est revenue à un taux fort raisonnable de 3% l’an

 

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