L’inflation en france – 1ère Partie – John Law

La première expérience de l’inflation en france, suite à l’édition d’une monnaie de papier se déroule de 1715 à 1720.

Tout commence en 1715 la France se trouve dans une situation financière catastrophique. Après le règne de Louis XIV, le roi soleil, son successeur Louis d’Orléans tente en vain d’équilibrer le budget, à cette époque les dépenses de l’état atteignent le double de ses rentrés. La dette représente alors 3,5 milliards de livres. Pour régler se problème, John Law un financier écossait, propose l’édition d’une monnaie papier, basé sur l’exploitation commerciale des colonies françaises, notamment la Louisiane. Il reçoit ainsi en 1716, l’autorisation d’ouvrir une banque générale, dont les dépôts d’argent permettront l’édition de monnaie papier. Elle commence avec un capital de 6 millions de livres, répartis en 1200 actions. Le sucés est immédiat, et le 17 avril un nouvel édit permet de convertir les billets qu’elle émet en or, et de s’en servir pour le paiement des impôts. Fort de son sucés Law reçoit de plus en plus de concession, ainsi en septembre 1717, il créé la Compagnie d’Occident, qui exploitera les colonies des Amériques et du Sénégal. Cette compagnie sera très vite surnommée par le peuple la compagnie du Mississippi. Elle détient un capital de 100 millions de livres, répartis en 200000 actions payable en papier d’état. John Law fonde tout son développement sur les éventuelles richesses des colonies, qui sont celui inépuisables. Sont but est de capter tout l’argent métal du royaume en levées de fond successives et de le convertir en argent papier.

L’inflation en france : La première banque

La banque générale est ainsi transformée en banque royale en 1718, et les billets sont maintenant garantis pas la couronne. En 1719, la compagnie prend le contrôle de la compagnie des Indes orientale et de la compagnie de Chine. Il obtient ensuit le monopole du commerce du tabac, et la gestion de la caisse de impôt indirecte. En juillet il reçoit le monopôle de l’émission de monnaie papier en France et en octobre on lui confie l’hôtel des impôts. En trois ans la compagnie a pris le contrôle de tout le commerce extérieur et de tout le système fiscal français. Très rapidement les actions commencent à rembourser les dettes de l’état, grâce à l’édition de billet. Ainsi 1,4 milliard de livres sont prêté à l’état avec un taux d’intérêt de 3,5%. Pour entretenir le mythe les colonies française et surtout le Mississippi sont présentées comme une véritable terre promise, détenant une profusion de mines d’or et d’argent qu’il suffisait d’exploiter, et ça fonctionne à merveille. De plus en plus d’actions sont émises, remplaçant peu à peu toute la monnaie physique. Une loi fût même éditée pour interdire l’utilisation de l’or ou de l’argent et on suspendit même la valeur libératoire de l’or.

L’inflation en France : La crise

Mais l’engouement est déjà terminé, très vite les puissants d’abord et le peuple ensuite demande à récupérer leur or, ce qui créé rapidement des émeutes devant le siège de la banque. La bulle éclate et le cours des actions s’effondre. En dernier recourt Law décide d’éditer encore plus d’actions dans l’espoir de soutenir leur prix, et l’état oblige les fonds de pension à en acheter en grande quantité. Mais rien n’y fait. Le 21 juillet 1720 un arrêt institue une semi-banqueroute et le 1er novembre les billets de banque sont suspendus. Law lui même démissionne et fuit à Venise. Cet épisode laissera un goût amer au peuple qui fût ruiné en quelques mois, et déclenchera une colère contre l’aristocratie, qui atteindra son paroxysme à la révolution française.

Les assignats

Le deuxième épisode de dévaluation rapide de sa monnaie que connue la France, se déroula pendant la révolution. L’assemblée qui fût mis en place à l’époque trouva la France dans une situation financière catastrophique et voulu mettre en place une solution rapide et efficace.

Juste après la chute de la bastille, l’abolissement des privilèges et la mise en place d’une monarchie constitutionnelle, le plus grand défit était l’endettement de la France. Pour y faire face une partie des députés proposèrent, l’émission de monnaie papier. Mais craignant de répéter l’expérience de John Law et de la compagnie du Mississippi, le ministre des finances de l’époque Jacques Necker s’y opposa fermement.

Les défenseurs de la monnaie papier, développèrent alors l’idée d’une émission unique de 400 millions de livres garantis par les bien confisqués a l’église. Ce qui selon eux, prévenait toute dévaluation rapide. Le débat dura un an et finalement, les 400 millions de livres en assignat furent votés et émis.

Mais ils furent dépensés en seulement trois mois et une nouvelle émission fût décidée. Cette fois 800 millions de livres. Très vite la situation se dégrada et les assignats commencèrent a perde de la valeur. En réaction l’assemblé émit 100 millions de livres d’assignats de plus. Les prix commencèrent évidemment à monter, l’or et le cuivre disparurent de la circulation. Mais les nouveaux spéculateurs et le peuple ne comprenaient pas la raison de cette dépréciation, ils accusèrent le roi, l’église, les nobles en exiles, et demandaient toujours plus d’assignats. Un véritable cercle vicieux, hausse des prix, donc plus d’assignats, qui entrainaient une hausse de prix encore plus importante. Ainsi l’état émit 700 millions en décembre 1791, 500 millions en avril 1792, et 1400 million de plus toujours la même année. Les prix continuaient à grimper en flèche, ce qui déclencha en aout 1792 les émeutes de la faim qui entrainèrent l’insurrection de la commune de Paris et la fin de la monarchie constitutionnelle, avec l’exécution de Louis XVI en janvier 1793.

Suite à cet épisode les prix au détail furent gelés, ce qui n’arrêta pas la hausse des prix des matières premières. Mais la fermeture des commerces qui étaient dans l’incapacité de couvrir leurs coûts de fabrication, en vendant à des prix aussi bas. Et bien sûr l’impression d’assignats reprit de plus belle, avec l’édition de 7000 millions en 1794, 10000 millions en mai et 14000 en juillet 1795. Et en octobre 1795 la Convention fût remplacé par le Directoire, et comme les assignats ne valaient presque plus rien, ils furent remplacés par une nouvelle monnaie papier, le Mandat. Monnaie qui encouragé encore un peu plus la dépression, car contrairement aux assignats qui étaient garantis par les biens de l’église, le mandat était lui garantie par la parole de l’état.

Mais cette situation ne dura pas longtemps, elle était tellement catastrophique, que l’armée ne tarda pas à intervenir. Et le 18 brumaire de l’an VIII (le 9 novembre 1799) Napoléon Bonaparte renversa le Directoire par un coup d’état. Ce fût le début du consulat qui deviendra plus tard l’Empire et la fin de la monnaie papier. Napoléon promit en effet de ne plus jamais éditer de monnaie papier et mit en place en 1803, le franc or qui resta d’ailleurs en place jusqu’à la première guerre mondiale.

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