L’hyperinflation au Pérou entre 1985 et 1990

Plusieurs pays d’Amérique du Sud ont suivi des histoires récentes parallèles, au cours de la même période, pour les mêmes raisons, et selon des processus très similaires.

Dans la seconde moitié du XXème siècle, ils sont pour la plupart des exportateurs de matières premières, en particulier des minerais dans le cas du Pérou.

Cette économie se trouve donc extrêmement dépendante des cours mondiaux, quand une crise conduit à une baisse de la demande, ils sont les premiers et les plus durement touchés.

Dans les années 1970, les militaires au pouvoir, dirigés par le général Velasco, mettent en place une politique très sociale: réforme agraire redonnant la terre aux paysans, nationalisations et des créations d’entreprises d’État, lancement de projets fort ambitieux et onéreux et programme de crédit à l’exportation. Mais tout cela coûte cher, et l’endettement du pays s’accroît dangereusement.

Le gouvernement civil de Fernando Belaunde Terry, qui prend la relève en 1980, entame un retour aux recettes classiques prônant les privatisations et la libéralisation des échanges commerciaux. C’est alors que les prix des matières premières s’affaissent. Le gouvernement, tout en affirmant toujours se conformer aux préceptes du FMI, s’en écarte graduellement. L’inflation commence à gangrener l’économie.

Lorsqu’Alan Garcia est élu en 1985, il impose un contrôle des prix rigoureux et un gel du taux de change, et il dévalue la monnaie: le sol est remplacé par l’inti, valant 1000 soles. Il tente de relancer l’économie interne par des augmentations de salaire et la création d’emplois par le lancement de grands chantiers.

l' hyperinflation au perouDans un premier temps, cette politique donne d’excellents résultats: l’inflation diminue, le chômage est réduit. Mais le remboursement de la dette consomme la majeure partie des possibilités de l »État: il décide donc d’en limiter les versements à 10% des gains du pays à l’exportation.

Devant le retard ainsi pris à rembourser la dette, le FMI cesse les prêts. Il ne reste plus au gouvernement que la planche à billets pour boucler ses fins de mois. La conséquence en est une aggravation de l’inflation. Pour en garder le contrôle, le gouvernement annonce vouloir nationaliser les banques et les assurances, mais les actionnaires entament d’interminables procédures judiciaires.

Le Pérou entre alors en récession, les produits de base commencent à manquer, et le marché noir se met donc à prospérer. L’hyperinflation est en marche: 120% en 1987, 1722% en 1988, 2776% en 1989 et 7649% en 1990. Pendant les cinq années du mandat de Garcia, l’inflation cumulée représente 2.200.000 %, et le nombre de pauvres dans son pays est passé de 42% à 55%. Une fois de plus, ce sont eux qui paient le tribut le plus lourd lorsque l’économie dérape.

En 1990, sous la pression des scandales de corruption et des terroristes du Sentier Lumineux, les Péruviens portent au pouvoir Alberto Fujimori, qui entreprend une drastique politique de rigueur (il augmente par exemple le prix de l’essence de 3000%) et libéralise l’économie. L’inflation chute à 139% en 1991.

Alan Garcia revient aux affaires en 2006, avec une gestion de l’économie plus orthodoxe permettant au Pérou de poursuivre sa croissance retrouvée.

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