L’hyperinflation en Grèce pendant la deuxième guerre mondiale

Lors de la deuxième Guerre mondiale, la Grèce fut victime d’une hyperinflation dont elle ne porte aucune responsabilité. Ce pays a subi une véritable mise à sac qui s’est soldée par une hausse vertigineuse des prix et une famine dramatique.

En 1940, la Grèce reste neutre dans le conflit européen. Mais Mussolini, voulant se créer un empire à l’instar d’Hitler, se saisit du prétexte du refus de la Grèce de laisser les troupes italiennes traverser son pays pour lui déclarer la guerre et l’envahir, espérant une rapide victoire. Mais la petite armée grecque fait mieux que résister: elle bat l’armée italienne, et la repousse jusqu’à l’Adriatique. Hitler vient alors en aide à son allié, et envahit la Grèce en passant par la Bulgarie. Mais, soucieux de ne pas trop disperser ses troupes dont il a besoin au nord, il décide de partager le pays avec les Italiens, puis les Bulgares.

Cette triple occupation devient alors le théâtre d’un pillage en règle de la Grèce, en majeure partie du fait de l’Allemagne, et le pays est mis au service des intérêts économiques du IIIème Reich: fournitures de matériaux, de matières premières par milliers de tonnes et même d’hommes. Les mines de pyrite, d’or, de chrome, de bauxite, de nickel et de magnésie passent sous contrôle allemand, ainsi que les chantiers navals, l’électricité et les fabriques de munitions.

La vampirisation du pays ne s’arrête pas là: des « frais d’occupation » lui sont réclamés, croissant de 6 milliards de drachmes en avril 1941 à 230 milliards en octobre 1943. Pour couvrir ces dépenses, les occupants font imprimer des billets (drachmes d’occupation pour les allemands, et drachmes ioniens pour les italiens).

L’expropriation systématique des richesses du pays fait très vite sentir ses effets: les usines, privées des matières premières qui prennent le chemin des pays de l’Axe, ferment. Le chômage s’installe. Les agriculteurs, dont les récoltes ne sont pas payées, cessent de cultiver, ou les thésaurisent au maximum, ce qui est grandement facilité par le morcellement du monde agricole en petites exploitations.

Le manque de denrées associé à l’impression massive de billets provoque une inflation vertigineuse. Le prix du pain, par exemple, passe de 10 drachmes en 1940 à 34.000.000 de drachmes en 1944. Le marché noir devient vite le seul capable de livrer les rares denrées disponibles, et génère quelques fortunes, mais surtout une immense famine. D’autant plus que la Grande-Bretagne organise le blocus de la mer Egée, interdisant de ce fait les importations, et même la pêche.

Les rations de pain passent de 300 grammes par jour à 100 grammes, sa qualité diminue, et la famine commence à tuer: 300.000 morts, soit 70% des victimes grecques de la guerre, nombre sans doute sous-évalué, car les familles ne déclarent pas tous les morts pour continuer à bénéficier de leurs tickets de rationnement.

A la libération de la Grèce, le gouvernement met 18 mois pour réussir à rétablir la stabilité des prix, par la création d’une banque centrale, par une réforme fiscale et l’instauration de la nouvelle drachme au taux impressionnant de 50 milliards d’anciennes drachmes pour une nouvelle!

 

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