L’hyperinflation en Bolivie en 1985

La Bolivie fournit un parfait exemple d’hyperinflation, et un cas d’école pour comprendre comment y mettre fin.

Dans les années 1970, le pays est en proie à une grande instabilité politique, les gouvernements se succèdent rapidement, ils sont issus de coalitions instables, soumis aux pressions des électeurs pour des dépenses sociales élevées et ne travaillent pas dans le long terme. Par ailleurs, après une période faste, les conditions se font moins favorables: la dette extérieure enfle dangereusement, le crédit devient plus cher, et la Banque Mondiale ne prête plus. Comme bien souvent, la planche à billets se substitue à elleLe boliviano, et l’inflation se manifeste rapidement. Elle produit une diminution relative des rentrées fiscales, puisque les impôts sont calculés sur les revenus de l’année précédente et payés avec une monnaie dévaluée. Les acteurs de l’économie anticipent les hausses de tarifs, ce qui provoque une accélération de cette montée des prix. Le manque de confiance du public pour la monnaie l’amène à la dépenser aussitôt que possible, et donc à la faire circuler très vite

La spirale inflationniste s’accélère en 1980 avec 47%, puis s’emballe en 1984 avec 1.280%, et finit en apothéose en 1985, où elle culmine à 23.000%.

C’est alors que Gonzalo Sanchez de Lozada arrive au pouvoir, et décide d’appliquer les recettes orthodoxes préconisées par le FMI. Il commence par dévaluer le peso bolivien, puis institue un budget équilibré, dénationalise des entreprises publiques, augmente les impôts et les taxes ainsi que les prix des services publics pour remplir les coffres de l’État, il gèle les salaires et surveille de près les investissements, même privés. La confiance du peuple dans sa monnaie est au plus bas, car plusieurs plans précédents ont échoué. Pour la restaurer, il demande à la Banque centrale bolivienne de soutenir le peso, et sa manœuvre réussit. Les boliviens reprennent confiance et les capitaux rentrent à nouveau dans le pays.

Le résultat est spectaculaire: en 1986, l’inflation retombe à 277%, et elle n’est plus que de 14% en 1987.  Il lui faudra cependant une dizaine d’années pour retrouver un rythme inférieur à 10% par an.

Une hyperinflation fait certes quelques heureux, mais la majorité en souffre: à titre d’exemple, il suffit de considérer le revenu brut par habitant: en 1997, douze ans après la fin de l’hyperinflation de 1985, il n’avait pas retrouvé son niveau de 1980.

 

Toutes les informations présentes sur www.47carat.com sont fournies à titre indicatif.

www.47carat.com ne serait être tenu pour responsable en cas de mauvaise utilisation des informations issues de www.47carat.com.