Egon von Greyerz – L’effondrement de la monnaie

Dans une récente interview, Egon von Greyerz, le fondateur et directeur associé de Matterhorn Asset Management en Suisse, a eu l’occasion de s’exprimer sur les évènements qui ont agité la scène de la finance internationale depuis 2002. Si ce nom ne vous dit rien, Egon von Greyerz conseillait déjà en 2002 à qui voulait bien l’entendre de placer au moins 50 % de ses économies dans l’or. À cette époque, l’once d’or était à 300$, et il nous expliquait que le système financier ne pourrait pas se relever de la crise financière qui allait l’ébranler.

Il nous explique qu’à l’époque, il n’y avait que deux alternatives possibles, soit que l’économie mondiale se dirigerait tout droit vers un effondrement déflationniste, ce qui aurait entraîné la faillite de toutes les grandes institutions financières, ou soit que, dans les dix ans à venir, nous connaîtrions une phase d’hyperinflation, déclenchée par l’impression massive de monnaie-papier, pour couvrir les besoins des différents gouvernements.

Il signale qu’à l’époque, il a prévenu ses clients en leur expliquant qu’il fallait essayer de se préserver en plaçant au moins 50 % de leur capital hors du système financier. Car il ne savait vraiment pas comment la situation allait évoluer, et il leur disait que la monnaie fiduciaire n’est rien de plus que du papier qui peut perdre sa valeur pratiquement du jour au lendemain.

Et sa prédiction tend aujourd’hui à se vérifier; il nous explique que nous sommes actuellement dans une situation sans aucun précédent. La plupart des grands pays ont de gros problèmes avec leur dette souveraine et sont pratiquement en situation de faillite. Et le reste du système financier se retrouve exactement dans la même situation. Certains pays qui en ont la possibilité, comme les États-Unis, ou le Royaume-Uni, essayent d’imprimer des billets pour sortir de cette situation, mais ces choix ne tarderont pas à dévaluer fortement leurs monnaies respectives.

L’Europe n’est pas dans une situation plus enviable; comme la zone Euro est régie par la Banque centrale européenne, les pays membres n’ont pas la possibilité d’imprimer de l’argent. C’est ce qui explique que la pression des marchés soit plus importante sur l’Europe que sur les États-Unis, mais cet état de fait ne durera pas longtemps. La seule solution qui reste aux États-Unis est d’imprimer des billets de façon illimitée.

Egon von Greyerz nous précise aussi que les banques, contrairement à ce qu’on pourrait croire, ne sont pas dans une meilleure situation, leur apparente stabilité tenant uniquement à une nouvelle réglementation qui leur permet, depuis 2008, de comptabiliser leurs actifs toxiques à leur pleine valeur car, si elles devaient tenir compte de leur valeur sur les marchés, elles seraient pour une grosse partie déjà en dépôt de bilan.

Pour Egon von Greyerz, le résultat est donc inévitable :  les gouvernements n’auront pas d’autre choix que de faire marcher la planche à billets pour injecter toujours plus de milliards dans l’économie, mais cela n’aura strictement aucun effet. Il n’y a pas de solution au problème actuel. La seule chose que cet énorme apport de cash va provoquer, c’est la dévaluation rapide de toutes les devises pour atteindre une valeur proche de zéro. Le monde va donc se retrouver dans une phase de dépression hyperinflationniste qui aura des conséquences dévastatrices. Nous allons assister au grand retour de la faim, ce qui ne manquera pas de provoquer des troubles sociaux et des mouvements de contestation qui aggraveront encore un peu plus la situation.

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