L’inflation en Russie dans les années 1990

Le passage à l’économie libre s’est accompagné d’une très forte inflation en Russie dans les années 1990, initiée par une émission de monnaie par la Banque Centrale de Russie.

Après l’effondrement de l’URSS, le pays se transforme radicalement. Boris Eltsine libéralise l’économie en privatisant les terres et les industries, qui étaient toutes nationalisées. Mais cette profonde modification du pays rencontre une inertie, due à des habitudes de production n’ayant rien à voir avec la libre concurrence. La majeure partie des entreprises de l’Union Soviétique ne généraient aucun profit, car les coûts de production surpassaient les entrées d’argent, et c’est l’État qui comblait le déficit.

À présent que le gouvernement ne couvre plus les pertes, chaque chef d’entreprise se trouve donc devant un choix: il peut réduire ses frais de fabrication, fermer son entreprise, ou trouver un autre moyen de financement de son déficit. C’est vers cette dernière solution que beaucoup d’entre eux se tournent, car ils y sont habitués; elle ne perturbe pas trop les habitudes acquises de fort longue date et elle permet de gagner du temps pour la mise en œuvre des changements profonds nécessaires dans les méthodes de travail.

La Banque Centrale de Russie voit donc affluer les demandes de prêts, qu’elle accorde largement sous la direction de Victor Gerashchenko, par la magie de la planche à billets.
Cet afflux d’argent, qui ne correspond pas à une création de richesse réelle, se comporte dans le pays comme une émission supplémentaire de monnaie, et crée une inflation en Russie, d’autant plus forte que l’économie est en train de s’effondrer. Le cycle infernal est à présent initié: la pénurie se fait sentir, la monnaie est abondante, l’inflation démarre.

inflation russie 1990

Le gouvernement réagit en instaurant un contrôle des prix très sévère sur 90% des produits. Toutes les conditions sont réunies pour que marché noir puisse commencer à prospérer. Les prix réels flambent, l’argent se met donc classiquement à circuler de plus en plus vite, ce qui augmente la quantité apparente de monnaie en circulation.

L’inflation en Russie se transforme en hyperinflation. D’autant plus que le déficit du budget de l’État, creusé par les habitudes du très conservateur Soviet Suprême, frôle les 20% du PNB, et se trouve lui aussi comblé par la surémission de monnaie.

L’année 1992 voit ainsi les prix grimper de 2000%. Un plan « anticrise » est alors mis en place en 1993 par Fedorov, réduisant les émissions de monnaie et les prêts par l’augmentation des taux. L’inflation en Russie se réduit à 1000%, mais reste encore élevée. 1994 voit Chernomyrdin présenter une nouvelle série de mesures visant à reconstituer le tissu économique du pays. Mais la demande de crédits est pressante, et la Banque Centrale continue à les accorder en sous-main. L’inflation demeure élevée.

Le 11 octobre 1994, le rouble plonge de 27% sur les marchés. Ce « mardi noir » cause le remplacement de Victor Gerashchenko par Tatiana Paramonova à la tête de la Banque Centrale. Elle réduit le flot des prêts et l’émission de monnaie, et le gouvernement rétablit enfin l’équilibre du budget. L’inflation en Russie chute de 5 fois en 1995.
Les années suivantes, l’hyperinflation est jugulée. Toutefois, la situation économique difficile, jointe aux réticences d’une partie du pouvoir, ont permis la corruption et l’éclosion d’une attitude désinvolte vis-à-vis du paiement des impôts et des taxes, qui ne rentrent pas comme prévu. Le budget s’en trouve grevé, et l’inflation, quoique moins dramatique, persiste avec une lente décroissance régulière (de 37% en 1999 à 11% en 2004).

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