Pierre Jovanovic

Pierre Jovanovic , journaliste de formation, présentateur à la radio d’une émission consacrée à la finance, est surtout connu pour ses talents d’écrivain: une dizaine de titres dont les sujets, initialement consacrés à l’étude philosophique de religions, se centrent de plus en plus sur l’économie mondiale. Très critique envers les banques et les acteurs du monde de la finance, il prédit l’effondrement prochain du système mondial actuel. L’Apocalypse.

Interrogé par Max Keiser dans son émission « On the Edge », il explique d’abord que des banques françaises (Société Générale, BNP et Crédit Agricole) ne possèdent selon lui pas suffisamment de liquidités, et sont donc très menacées de faillite pure et simple. Elles ont été rejetées du marché chinois, la Lloyds et Meetic ont retiré leurs avoirs de la Société Générale, qui est exposée également en Russie où elle a acheté avec la BNP une banque russe multi-branches, la Banque de Moscou, qui vient d’être sauvée in extremis de la faillite par Medvedev. Elles ont prêté beaucoup d’argent à des pays en difficulté comme la Grèce ou l’Irlande, qui risquent bien de ne pas pouvoir rembourser. Il semble qu’aujourd’hui les banques se soutiennent mutuellement, mais ce jeu ressemble aux chaises musicales: dès que la musique cessera, il y aura au moins un perdant. Qui ? Sans doute une banque française, mais peut-être aussi une italienne (Unicredit).

Evoquant sa mésaventure avec Jérôme Kerviel, il est sceptique sur le service qu’il aurait rendu à la Société Générale, en la forçant à davantage de responsabilité lors de ses opérations en bourse. La règle du jeu reste celle du « Pas vu, pas pris », et il lui est juste un peu plus difficile de mentir qu’en 2008.

Il décrit Christine Lagarde, la nouvelle directrice du FMI, comme un personnage à deux faces, tel Janus. Selon qu’elle s’exprime en Français ou en Anglais, son discours n’est pas le même. Dans le premier cas, elle materne son auditoire francophone en assurant que les banques françaises possèdent des liquidités, et la semaine suivante elle adopte une attitude plus masculine en les appellant en Anglais à recapitaliser sans tarder.

Il trouve l’euro très menacé. Cette monnaie devait unir l’Europe, mais les pays en crise risquent de mettre à mal cette belle idée. La zone Euro est aujourd’hui divisée en deux: les pays du Nord, aux économies relativement saines, et ceux du Sud, qui ont trop emprunté (Grèce, Portugal, Italie, Irlande, Espagne…). L’Allemagne ne peut pas à elle seule supporter ce fardeau (« Dans un bateau, on ne peut pas avoir un seul rameur et tous les autres qui fument une cigarette »), et Angela Merkel perd toutes les élections régionales, signe d’un possible retournement de la politique allemande.

Parmi les quatre issues envisagées (l’euro reste la monnaie commune et se dévalue rapidement, la zone euro se scinde en deux parties nord-sud, l’Allemagne sort seule de l’euro et reprend le mark, la Grèce quitte l’euro), il estime préférable la dernière solution.

Pierre Jovanovic constate que les économistes ont aujourd’hui le choix entre un euro qu’il dit bien malade et un dollar déprécié par une inflation galopante, et il se dit fort inquiet et redoute dans les deux mois à venir une nouvelle crise plus grave que celle de 2008.

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