Commerce de diamant, toujours synonyme de souffrance 

Il y a peu et de manière régulière se déroule à Genève, d’impressionnantes ventes aux enchères.

Le commerce de diamant passent en effet bien souvent sous le marteau des commissaires priseurs des grandes maisons comme Sotheby’s ou encore Christie’s pour ne citer qu’elles !

Mais en parallèle à ces ventes, l’ONG Human Rigths Watch vient de publier un rapport plutôt préoccupant sur le commerce de ces pierres précieuses…

D’après l’Organisation Non Gouvernementale, le « Processus de Kimberly » ne suffirait pas pour empêcher l’extraction puis commercialisation des « diamants de sang ». Le Zimbabwe en est un nouvel exemple !

High resolution gemstones background for a perfect cropping.

Le processus de Kimberly insuffisant pour réguler le commerce de diamant

Voilà maintenant bientôt 20 ans que plusieurs gouvernements se sont réunis pour mettre fin au commerce de diamant tâché de sang.

Ce surnom étant donné parce que les revenus de ces pierres précieuses ont alimentés plusieurs guerres civiles en Afrique. Pour lutter contre ce phénomène, le processus de Kimberly a donc été mis en place.

Il s’agit d’un système de contrôle sur les exportations et importations de diamants bruts. Mais de toute évidence, ce système de protection ne s’avère pas suffisant. Le commerce de diamant continue en effet à générer de graves violations des droits humains.

Un nouvel exemple des drames qui se jouent se passe dans les mines d’exploitation de Marange, situées à l’Est du Zimbabwe. Des habitants de la régions ont ainsi été torturés, contraints à du travail forcé et exposés à toute sorte de violences.

Il n’y a pas plus de deux semaines, les habitants de la zone ont ainsi protesté contre le pillage des revenus liés à l’exploitation des diamants.

D’après les témoignages on apprend ainsi que les forces de sécurité ont tiré en l’air à balles réelles. Des femmes ont reçu des coups de matraques. Les forces de sécurité ont tiré des bombes lacrymogène. Trois enfants ont été hospitalisés suite à ces violences…

Marange, le village classé zone protégée

Les autorités considèrent désormais le village de Marange comme une zone protégée. Concrètement ça veut dire que toute personne ne résidant pas dans le village mais souhaitant s’y rendre doit être en mesure de présenter une autorisation spéciale.

De nombreux habitants du village se sentent harcelés en permanence, plusieurs personnes n’étant pas en mesure de justifier de leur résidence ayant été appréhendées.

Les agents de sécurité privé, qui sont employés pas l’entreprise d’exploitation Zimbabwe Consolidated Diamond Company ont également fait usage de violence brutale contre les habitants. Il s’agissait de les dissuader d’extraire des diamants.

L’une des victimes de ces exactions a ainsi déclaré : « Les gardes nos ont menottés, moi et mes amis, ils nous ont obligé à nous asseoir.

Finalement ils ont lâché des chiens féroces. Ils les ont regardés s’acharner sur nous pendant une dizaine de minutes, nous blessant grièvement. »

Heap of loose diamonds with brilliant cut and princess cut diamonds

Le commerce de diamant, toujours aussi problématique

Processus de Kimberly ou non, les diamants tâchés de sang accèdent toujours au marché mondial. Le commerce de diamant est en effet difficile à réguler et les principaux responsables de cette situation ce sont les gouvernements et les entreprises de chaînes d’approvisionnement.

En effet, le commerce de diamant régulé par le Processus de Kimberly ne concerne que les diamants dont la vente bénéficie aux groupes armés. Cette mesure de protection ne prend pas en compte les gouvernements abusifs, et il y en a.

Ce n’est donc pas surprenant de voir que l’on ait autorisé le commerce de diamant venant du Zimbabwe.

Les gouvernements en question n’ont pas non plus réussi à mettre en place un système de surveillance indépendant permettant de vérifier si les contrôles douaniers sont efficaces ou non. Et de toute évidence, ils ne le sont pas !

Autre faille du processus de Kimberly : seuls les diamants bruts sont pris en compte. Les pierres qui sont donc totalement ou même partiellement taillées ou encore polies ne sont pas concernées.

Bien évidemment les entreprises ont elles aussi leur responsabilité. Elles devraient veiller au respect des droits humains.

Elles devraient être en mesure de mettre en place des contrôles tout au long de la chaîne d’approvisionnement. Mais surtout apporter une solution adaptée aux problèmes identifiés.

Les joailliers, eux aussi responsables

Et d’après Human Rigth Watch, de nombreuses sociétés ne respecteraient pas du tout les exigences minimum en la matière. L’ONG a ainsi étudié de près les pratiques d’approvisionnement de 13 compagnies de renom.

Les compagnies en question sont spécialisées dans l’horlogerie et la joaillerie. Il s’agissait d’étudier leurs pratiques pour s’approvisionner en diamant.

Le résultat de l’enquête a été sans appel. La majorité ne connaissent pas la provenance de leur or ou de leur diamant. Elles étaient également incapables d’évaluer le respect ou non des droits humains.

Les publications relatives à la gestion de ces risques dans leurs chaînes d’approvisionnement sont d’ailleurs très souvent limitées.

De toute évidence, le processus de Kimberly devrait recevoir bien des améliorations. Les « diamants de sang » devraient sans aucun doute bénéficier d’une définition plus large.

Afin par exemple de prendre en compte les abus qui se passent à Marange. Les autorités compétentes devraient mettre en place un système de surveillance rigoureux.

On devrait également mettre en place des contrôles rigoureux. Tous les acteurs de la chaîne, joaillier, marchands, tailleurs, polisseurs devraient également être plus exigeants. Ils devraient regardé de plus près leurs fournisseurs en termes de droits humains.

Les abus comme ceux de Marange, ternissent bien évidemment l’image du diamant. Pour les amateurs, ces pierres précieuses symbolisent l’amour et non pas la violence.

Il est donc plus que temps de mettre fin à la violence et à la souffrance. Que le commerce de diamant cesse de faire couler autant de sang.

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