L’ hyperinflation Venezuela : un pays dans le rouge, au bord du gouffre

L’ hyperinflation Venezuela contrairement à la série d’hyperinflations du XX° Siècle qui a bousculé nombre de pays est quant à elle toujours d’actualité.

Ce pays d’Amérique du Sud est en effet en pleine crise économique aujourd’hui. A cette crise économique s’ajoute une crise politique sans précédent.

Le pays est tout simplement au bord de l’implosion. Manifestation, affrontements, grèves se multiplient et pour le moment aucune solution ne semble pointer à l’horizon. Comment en est-on arrivé là ? Nous vous expliquons tout sur l’ hyperinflation Venezuela.

Venezuela, un pays à part entière

informations générales

Le Venezuela est un pays situé en Amérique Centrale. Le pays partage ses frontières avec la Guyane, le Brésil, la Colombie. Il aurait été « découvert » par Colomb en 1498 puis Vespucci en 1499.

Colonisé par la Couronne Espagnole, le Venezuela gagne finalement son indépendance en 1811. Cette lutte pour l’indépendance est notamment menée par Simon Bolivar, héros de la patrie. Il a donné le nom à la monnaie locale, le bolivar vénézuélien, qui est entrée en vigueur le 1° janvier 2008.

le XX° Siècle

Au XX ° Siècle vont alterner régimes militaires et dictatoriaux. Mais ce qui va véritablement mener la politique du pays, et encore aujourd’hui, c’est le pétrole.

L’exploitation de l’or noir débute en effet dès 1917 puis s’accentue avec l’entrée des multinationales en 1922. L’économie du pays va s’en trouver complètement bouleversée et entre dans une relation de dépendance tragique.

Les stocks en pétrole sont estimées à 297 milliards de barils. Le Venezuela est ainsi le premier pays au monde en réserves de pétrole prouvées, avec une quantité plus importante encore que celle de l’Arabie Saoudite.

Malgré cette manne, le pays est mal géré et doit faire face à une crise économique de grande ampleur dans les années 1990. Deux coups d’état échouent en 1992 et le pouvoir en place à l’époque réprime opposants et population.

Hugo Chavez

Hugo Chavez va gouverner le Venezuela pendant 14 ans, de 1999 à 2013, date de sa mort. Militaire de formation, « El Commandante » va impulser une politique sociale qu’il nomme « Révolution Bolivarienne ».

Cette politique s’appuie notamment sur la nationalisation des industries clés, la mise en place d’une démocratie participative et la promulgation d ‘une nouvelle Constitution.

Les résultats de cette politique sont contestés mais il semblerait que « sous son règne » la pauvreté dans le pays ait fortement reculé.

Elle serait ainsi passée de 54 % des ménages en 2003 à 26 % en 2008. L’extrême pauvreté aurait pour sa part reculée de 72 %. La dette publique aurait également chuté de 30,7 % en 1998 à 14,3 % en 2007.

Mais si bon gré mal gré l’homme fort du Venezuela a réussi à maintenir son pays à flots grâce notamment à une légitimité populaire, sa disparition a laissé le pays orphelin.

Son successeur, Nicolas Maduro, qui a remporté les élections de justesse a aujourd’hui bien du mal à sortir le pays de la crise profonde où il s’est enlisé.

Venezuelan flag illustrated with gradient mesh tool.

L’ hyperinflation Venezuela, une situation explosive

une crise politique en partie à l’origine de l’ hyperinflation Venezuela

Si ce chaviste historique a donc gagné les élections présidentielles de justesse, sa légitimité est rapidement remise en question. L’opposition remporte en effet les élections en décembre 2015. Cela fait plus de 17 ans que les anti-chavistes n’avaient pas obtenu la majorité au Parlement.

Malgré un soutien populaire et de nombreuses signatures, le référendum visant à destituer Maduro est repoussé à plusieurs reprises et finalement annulé. Ce qui exacerbe également le mécontentement populaire.

En septembre, plus d’un million de personnes descendent dans les rues pour exprimer leur désaccord. D’après une étude, 80 % des vénézuéliens souhaiteraient changer de président.

De nouvelles manifestations contre le pouvoir sont régulièrement organisées actuellement, et la violence ne cesse d’augmenter. Plusieurs morts sont en effet à déplorer au cours des affrontements entre manifestants et force de l’ordre. Cette crise politique s’inscrit dans un contexte économique où l’hyperinflation s’est installée.

L’ hyperinflation Venezuela, résultat d’une crise économique durable

En fait, l’ hyperinflation qui sévit au Venezuela n’a rien de surprenant et s’inscrit en réalité dans un processus assez logique. L’économie du pays dépend à 90 % voire 95 % des revenus du pétrole.

Avec la baisse des cours enregistrées depuis 2014 et qui s’est prolongée en 2015 et 2016, le pays doit faire face à une baisse drastique de ses recettes.

Selon différentes sources, l’activité du secteur pétrolier a reculé de plus de 12,7 % en 2016. Elle monte à 19,5 % dans les secteurs non-pétroliers.

Le PIB s’est ainsi effondré et à reculé de 19 %. L’ hyperinflation Venezuela aurait atteint 800 % en 2016 d’après la Banque Centrale d’Etat !

Mais dès 2015, la tendance à la baisse se faisait déjà sentir. Le PIB reculait ainsi de 5,7 % tandis que l’inflation était calculée à 180 %.

Dans un tel contexte, la monnaie, le fameux bolivar vénézuélien a perdu toute sa valeur. Alors que le billet le plus gros était de 100 bolivars, Maduros décide de le retirer de circulation pour faire face à cette énorme dévaluation.

Il crée parallèlement 6 nouveaux billets pour essayer de faire face à l’ hyperinflation Venezuela. Des billets de 500, 1000, 2000, 5000, 10 000 et 20 000 bolivars sont ainsi mis en circulation en janvier 2017. Mais généralement ce genre de mesure a en réalité un résultat contre-productif.

D’après le Vice Président de la Banque Centrale d’Etat, presque 3 millions de coupures de 20 000 bolivars d’une valeur de 58 milliards et 4,5 millions de coupures de 5000 bolivars d’une valeur de 22,5 milliards ont été imprimés.

Mais il est peu probable que cette mesure résolve la situation. La monnaie va plutôt perdre encore plus de sa valeur, et la spirale infernale s’accélérer encore.

L’index « Cafe con leche » pour mesurer l’hyperinflation Venezuela

C’est Bloomberg qui a proposé cet indice pour essayer de mesure le taux d’ hyperinflation Venezuela. En l’absence de chiffres officiels et face aux différentes estimations souvent contradictoires, l’agence financière a ainsi proposé l’indice du « cafe con leche » ou « cafe au lait ».

Cette boisson chaude est en effet normalement accessible et consommée quotidiennement par la population. S’il n’a rien de scientifique, cet indice permet d’avoir une approche concrète de la montée des prix à l’image de l’indice Big Mac créé par The Economis afin de comparer les devises mondiales.

Semaines après semaines, le prix du cafe con leche vendu à Caracas est répertorié ! Résultat : entre décembre 2016 et février 2017, le taux annuel de l’inflation serait ainsi de 932 % !

Les prix auraient doublés en moins de 19 jours et le Venezuela serait le 57 pays au monde à connaître une période d’hyperinflation.

L’ hyperinflation Venezuela a des conséquences tragiques pour la population. Voyant ses recettes réduites presque à néant, voyant sa monnaie complètement dévaluée, le pays n’a plus les moyens d’importer.

Or le Venezuela doit pratiquement tout importer… Le peuple du Venezuela doit donc actuellement faire face à une pénurie sans précédent.

Nourriture mais aussi médicaments font tragiquement défaut dans le pays alors que la tension monte sans cesse. Faim, misère, absence de soin…

A la crise politique et économique va donc s’ajouter très certainement une crise sanitaire. La pauvreté toucherait aujourd’hui 82 % des foyers.

Il y a une dizaine d’années pourtant, le Venezuela se présentait comme l’un des pays les plus riches et prometteurs d’Amérique du Sud.

CONCLUSION

L’ hyperinflation Venezuela est toujours d’actualité aujourd’hui. La situation est d’autant plus tragique qu’en plus de cette crise économique sans précédent s’ajoute une crise politique et sanitaire.

Le marasme s’est installé et la sortie de crise semble difficile à trouver, le Venezuela va certainement être incapable de payer sa dette. Et d’après diverses estimations, le retour de la croissance n’est pas attendu avant 2020.

Dans un tel contexte les investisseurs ont logiquement tourné les talons et les devises étrangères nécessaires à l’importation aussi.

Le pays semble toujours plus isolé et refermé sur lui-même. Les journalistes sont ainsi rebutés. Bref, la situation est vraiment catastrophique et la solution encore inconnue. Le pays va donc certainement connaître de nouvelles journées obscures.

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