Le prix de l’or et l’art de la guerre – Partie 2

gold barLa crise de l’or de 1999

L’année 1999 a été un tournant dans la guerre de l’or menée par les banques. Entre 1980 et 1990, les banques centrales ont baissé artificiellement le prix de l’or en imposant un taux d’intérêt de 1 % sur les investissements sur l’or.

Ensuite, les autres banques vendaient à l’or avec une marge de 5 à 6 % et ils empochaient la différence.

Avec la plus-value générée, les banques pouvaient payer leurs emprunts à la banque centrale sans aucun problème.

Ce schéma a fonctionné pendant des années, mais il fallait la condition suivante : le prix de l’or ne devait jamais augmenter. Car si le prix du métal jaune augmente, alors les banques ne peuvent plus le vendre à un prix profitable et de ce fait, l’opération de vente sur l’or n’a plus aucun intérêt. Pour éviter une hausse du prix de l’or, les banques ont pris des décisions drastiques.

Le 8 mai 1999, le chancelier anglais Gordon Brown a annoncé que l’Angleterre allait vendre près de 415 tonnes d’or, soit 58 % de ses réserves.

Officiellement, l’Angleterre a expliqué cette décision pour lever des fonds, mais la réalité est que l’objectif de cette vente était de faire baisser le prix de l’or pour que les banques n’enregistrent pas de perte si la tendance venait à s’inverser.

En effet, les rumeurs qui circulaient évoquaient que la Goldman Sachs possédait des contrats sur près de 1000 tonnes d’or, mais que ces contrats se négociaient à des prix largement inférieurs. Et si le prix de l’or venait à monter, alors la Goldman subirait des pertes catastrophiques.

Ce n’était que la première attaque sur l’or, car le 26 septembre 1999, 15 banques centrales européennes annoncent qu’elles vont mettre un moratoire sur les ventes de l’or et limiter la quantité d’or qu’elles possèdent dans leurs réserves.

Cette annonce, connue comme le Washington Agreement, a provoqué un cataclysme sur le marché de l’or. En effet, cette déclaration supprimait toutes les chances que le prix de l’or puisse augmenter et le COMEX, le marché de New York dédié à l’or, est devenu complètement fou.

Les traders ont commencé à vendre frénétiquement tous les contrats sur l’or qu’ils possédaient pour éviter une perte brusque face à la baisse prévisible du marché.

Les statistiques de l’époque nous montrent que le volume d’échange sur le métal jaune a été multiplié par 34 pendant le mois de septembre 1999. La panique a touché tous les traders du COMEX et on a vu de nombreuses transactions perdues dans le système puisque celui-ci n’arrivait à suivre la cadence des ordres.

Cette crise du COMEX de 1999 devrait donner des leçons sur le futur de l’argent papier. L’impact de cette crise de l’or a été grave pour les investisseurs, mais imaginez ce qui peut arriver si la même chose se produisait sur l’argent papier.

Tout le monde vendrait ses actifs qui se basent sur le dollar ou d’autres devises et on assisterait à une panique monstre sur tous les marchés financiers. On en a déjà eu un aperçu pendant la crise de 2008.

L’attaque de JP Morgan sur l’or

Les banques n’ont pas attendu le Washington Agreement pour attaquer le métal jaune. Une semaine avant l’annonce des banques centrales, JP Morgan a attaqué le COMEX en utilisant les contrats sur l’or.

Un contrat sur l’or est un produit dérivé et il sert uniquement d’outil financier aux banques pour créer des transactions et générer des plus-values. Normalement, le contrat sur l’or n’a rien à voir avec l’or physique, mais le monde de la finance dispose de ses propres règles.

Donc, JP Morgan a pris des contrats sur l’or avec une position sur le court terme en misant sur le fait que le prix de l’or allait baisser. Et quand une grosse banque estime que le prix d’un métal précieux va baisser, alors il est évident que tous les autres investisseurs vont penser la même chose.

Cette attaque de la JP Morgan combinée à celle des banques centrales européennes a eu l’effet escompté. Le prix de l’or n’a pas bougé entre le début et la fin de l’année 1999 et c’était exactement ce que les banques recherchaient.

Un autre problème est que les gouvernements viennent à la rescousse lorsque les banques font faillite. En 2008, on a eu des milliers de milliards qui ont été donnés aux banques pour qu’elles se remettent en selle. Et tout cet argent appartenait aux contribuables qui devront le rembourser pendant plusieurs générations.

La venue de la Chine et sa modernisation

La crise de 1999 sur l’or a donné une belle victoire aux banques occidentales, mais comme dans toutes choses, ces banques n’ont pas prévu l’arrivée de la Chine et de l’Inde sur l’échiquier économique mondial.

À partir de 1995, la Chine a commencé à se moderniser et en 2000, le pays a connu une croissance exponentielle. Elle est devenue rapidement l’une des principales puissances mondiales, mais elle avait un avis différent sur le concept de richesse. Pendant toute son histoire, la Chine a toujours eu des problèmes avec l’argent en papier.

Pendant l’époque coloniale, l’Angleterre a forcé la Chine à accepter l’argent en papier, notamment durant la guerre de l’opium qui a eu lieu entre 1840 et 1860.

À cette époque, la Chine était l’un des plus grands vendeurs d’opium, mais l’Angleterre a imposé que toutes les transactions sur cette substance devaient se baser sur la monnaie en papier.

De ce fait, quand la Chine est devenue riche, les dirigeants ont réfléchi à un retour sur l’or pour éviter une mainmise de leur richesse par les monnaies occidentales.

Et depuis 2000, la Chine investit massivement sur l’or et elle est actuellement l’une des plus grandes productrices et consommatrices sur l’or. Les banques occidentales n’avaient également pas prévu l’explosion de la demande sur l’or après les années 2000.

En effet, après 2000 la demande sur l’or a dépassé de 40 % la production mondiale ce qui a provoqué une hausse vertigineuse des prix sur l’or.

Alors qu’autrefois, les banques vendaient de l’or en masse, aujourd’hui, ces mêmes banques achètent l’or en grande quantité pour prévenir une crise de la monnaie en papier qui semble inévitable.

Source: http://www.bullionbullscanada.com/guest-commentary/darryl-r-schoon/26560-the-price-of-gold-and-the-art-of-war-part-ii

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